Il était une fois un Raid PART 2

Après une victoire, il est difficile de redescendre sur terre. Mais il fallait prendre conscience que la seconde épreuve allait être difficile pour nous.

Le canoë, 17km exactement…. Je vous garantis que ça s’apparente à rester pendue par les bras à 3mètres du sol, les épaules s’engourdissent, les bras se paralysent, les mains gonflent… Bref, c’est loin d’être une partie de plaisir.

Cette épreuve, au demeurant magnifique, s’est déroulée sur le lac Tonlé sap où des villages sur pilotis surgissent comme sortie d’un rêve.
A vos marques, prêt… PARTEZ !!!!! Et là, ramage à une cadence infernale pour tenter de prendre un peu d’avance et creuser les écarts. C’était sans compter sur la Trace Team, qui, avec 3 coups de pagaies a mis 50m à tout le monde. Puis 100, 200, 500m, bref, je suis persuadée qu’elles avaient un moteur sous le canoë ! lol
Bref, ce calvaire a duré 2h50 environ, l’épreuve selon moi la plus difficile. Tant sur le plan physique, que mental et pour l’ambiance en équipe. Sur un canoë, on est condamné à être ensemble, et se motiver comme on peut… Parfois l’envie de jeter la pagaie, faire un énorme cri primaire et pleurer est tellement forte qu’on se dit « Mais qu’est-ce que je fou là bordel de m…. » ! Matinée pas au top donc, on s’est fait doubler de nombreuses fois, on est arrivées en même temps qu’un gros paquet d’équipes. Laura et moi avons eu beaucoup de mal à nous remettre de cet échec cuisant. Le retour en bus a été silencieux ou propice à l’analyse (négative) de notre contre-performance.

Il a fallu enchaîner la journée dans une ferme où des femmes fabriquent de la soie de manière artisanale, c’est là que se déroulait l’épreuve de tir à l’arc pour nous… Après le canoë et ma paralysie des bras, je n’ai même pas envisagé être celle des 3 qui allait tirer les 6 flèches. C’est donc la maman du groupe qui a accepté de prendre cette responsabilité, lourde de conséquences. On n’a pas vraiment su le résultat, mais elle se situait selon nous, à ce moment-là, dans la partie basse du classement (bah négatives jusqu’au bout !!!).

Finalement, on finira 13ème en canoë, déçues mais quand même rassurées d’être toujours dans le top 3 au classement général.

 

La 1ère des 2 épreuves de VTT, nous a fait lever à 4h du mat ! Autant dire qu’avec les 6h de décalage avec la France… j’ai pu souhaiter une bonne soirée à chouchoux (comprenez Vincent, le coach, mon cher et tendre). Arrivées sur le lieu de départ, près de 300 vélos nous attendent, 1er challenge : trouver nos vélos, 2ème challenge : test des vélos, on fait tout comme le coach il a dit.

Ce coup-ci on part dans l’ordre inverse du classement, donc nous serons les avant avant dernières à partir. Le stress monte, il y a quand même 50 bornes de VTT à s’enquiller et mes copines et moi on n’est pas hyper confortables sur des vélos, disons qu’on préfère être sur nos 2 pieds.

Finalement l’épreuve se déroulera sans trop d’encombres, à un très bon rythme, freiné parfois à cause du sable et des équipes que l’on doit dépasser et qui n’arrivent pas à avancer. Nous, le sable ? Une formalité finalement ! Coco avait eu la présence d’esprit de demander à Vincent avant de partir « Et si y’a du sable comment on fait ? Quelle est la technique ? ». On a donc été relativement efficaces, malgré quelques « engueulades » parce que coco trouvait quand même le temps de taper la causette avec une autre équipe ! J

Laura et moi, les stratèges de l’équipe, avions prévu d’accélérer 6km avant la fin. J’étais déjà bien entamée physiquement, mais avec leurs encouragements et portée par leur hargne, je me suis poussée comme rarement je me suis poussée… Je sentais que mes cuisses commençaient à tétaniser, lorsque l’on a aperçu l’arrivée. Mais quoi ? Pourquoi elles courent les filles devant ? Oui dans ces moments-là le cerveau n’est pas des plus réactif. On a posé délicatement les vélos (blague, on les a littéralement jeté – je sais ce n’est pas bien), il fallait courir 300m environ, sauf que les jambes, elles, elles n’avaient pas été prévenues de ce petit détail ! Alors j’ai bien cru que j’allais m’écrouler. Je m’accroche au sac de Laura qui accélère, je lui lâche un « ohhhhhhhh doucement » relativement agressif (désolé Lala). On passe la ligne à bout de souffle et de forces !

6èmes au classement de la journée ! Pas si mal pour des filles qui n’aiment pas trop le vélo.

On a passé notre après-midi à se faire masser à 4 mains, oui oui, vous avez bien lu, à 4 MAINS ! Extraordinaire ! Sauf quand elles appuient sur ton muscle archi tendu et qu’elles insistent.

La 4ème journée est toujours celle des épreuves surprise, journée récup en quelque sorte. Cette année ils nous avaient concocté une chasse aux trésors dans les temples d’Angkor. Des quizz de culture générale liée au Cambodge, et des questions d’observation sur 3 des plus beaux temples : Angkor Wat, Bayon et Ta Prohm.

C’est le type d’épreuve qui peut facilement me faire « péter un câble » ! Chaleur, questions improbables, l’observation, chercher, compter, ça me plait 2/3h, puis ma patience atteint vite ses limites. A la fin, avec quelques équipes à bout de nerfs comme nous, on a fait ça à 12 plutôt qu’à 3, puis on a arrêté de vérifier chaque réponse !

Deux dernières épreuves, VTT 45km et course à pied 11km. L’enjeu ? Rester 3èmes ! Et ça c’est un sacré enjeu. Pression, stress, motivation, tout plein d’émotion assez difficile à gérer pour une nana comme moi !! Je n’ai jamais fait de compétition donc la gestion de ce type de sensations est relativement nouvelle. Alors on reste concentrée et on essaye de ne pas se faire déborder.

Départ du VTT et au passage 2ème réveil à 4h… Autant dire que ça n’arrivera plus avant longtemps ! Lors du briefing la veille, on nous a annoncé une épreuve moins sablonneuse que la première, plus courte mais avec de nouveau un finish en course : 800m environ dont 100 ou 200m en côte ! Avec Laura et Coco, on décide que la fille tractera la mère. En d’autres termes, Laura aura une corde pour permettre à Coco de garder le rythme et avancer à fond les ballons.

Même type de départ que pour la 1ère, on part derrière tout le monde. La course se passe bien dans sa globalité, Coco commence à sentir la fatigue de la semaine et peine à suivre le rythme qu’on lui impose. Mais elle ne lâche rien ! Laura est avec elle et la motive, moi je me place devant pour donner la cadence. Tout le Raid prend sa dimension dans les dernières épreuves : esprit d’équipe, abnégation…

On dépasse beaucoup d’équipes, les quelques portions de route nous permettent d’envoyer du pâté ! Et oui, les entraînements en vélo de route dans la vallée de Chevreuse ça aide !
Le finish en courant me parait durer une éternité, je n’imagine même pas ce qu’ont dû ressentir Laura qui tractait et Coco qui était épuisée, qui donnait déjà tout depuis 30 bornes ! Mais on finit 6èmes ! Décidemment, on est abonnées aux 6èmes places en vélo !

On apprendra ce soir-là que nous n’avons pas perdues trop de points / temps avec la chasse aux trésors ! Et ça, c’est cool ! On reste hyper concentrées pour la dernière épreuve, surtout qu’ayant finies 1ères lors du 1er treck, on n’a pas le droit à l’erreur (enfin en gros on se met la pression !!!).

Dodo tôt et dernier briefing entre nous ! C’était notre petit rituel ! Il faudra tout donner le lendemain, c’est le moment d’aller au bout de ses forces. Laura prendra donc la corde et tractera Coco (à partir de quand… ça on ne savait pas trop). Mais coco s’est dit qu’il fallait liquider les barres et autres gels… « Je vais prendre 3 / 4 gels sur 11km, avec ça je ne devrais pas avoir de coups de mou ! ». lol

L’organisation du Raid nous avait préparé une jolie surprise pour la dernière épreuve. Nous nous sommes fait bénir par des bonzes (moines) lors d’une cérémonie ! Beau moment, j’ai surtout ressenti que c’était la fin d’une belle histoire ! Mais ce n’est pas le moment d’être mélancolique, on pleurera plus tard !

On part dans les premières (ordre du classement général). Le but ? Ne pas se faire dépasser et même rattraper les 2 devant.
Dès le départ, on sent que ça va être difficile. D’une, parce qu’il fait une chaleur à crever et qu’on court à découvert en plein bush, et de deux, parce que Coco se sent très vite à bout de souffle, les jambes ne sont pas au RDV comme elle l’aurait voulu.
Nos copines Bretonnes nous dépassent. Dur pour moi, je sais qu’elles sont fortes, mais je sais aussi qu’on peut les battre ou au moins les suivre de très près. C’est à ce moment-là que Laura décide d’accrocher coco, on est parties depuis quoi 4km ? Mais tant pis. Laura, dont je suis clairement admirative, se transforme donc en mulet. Moi, je reste devant, les cannes sont là, je ne me sens pas trop mal, je dois absolument permettre à Laura de ne pas défaillir, et étant donné qu’elle a un mental de feu de dieu, je sais qu’elle restera derrière moi peu importe le rythme.
On arrive à dépasser la Trace Team, qui souffre énormément de la chaleur. Puis sur le dernier km les Triathlètes. 2èmes ! Belle performance encore une fois. Tout ceci grâce à un très bel esprit d’équipe. Jusqu’au bout on a été ensemble, à se motiver.

J’ai eu beau tenter de compter les minutes qui nous séparaient des équipes juste derrière nous au classement général, j’avoue que j’étais sur une autre planète… Très loin… Mais pas hyper confiante. Et oui, le tir à l’arc, vous vous souvenez ? On ne sait pas combien de minutes on a pu perdre ou gagner… La surprise sera totale. Bon ok !!! J’avoue qu’au plus profond de moi je n’ai même pas envisagé qu’on puisse être 4èmes ! Même pas en rêve, pas après avoir passé 1 semaine sur le podium, à se défoncer pendant les épreuves.

Cette dernière soirée restera gravée. Déjà, on est montées sur le podium !! Et ça c’est génial ! Et puis, Laura et moi on a lâché les chevaux ! Bières, punch, quelques clopinettes ! Bref, on a relâché la pression au fond du verre. Malgré une musique franchement nulle, on ira se coucher à 4h30 environ. Pas besoin de dire que le réveil à 7 ou 8h (je ne sais même plus) fut plus que laborieux… Un lendemain de cuite en fait, sauf que là, il faut enchaîner 18h de voyage, dont un stop de 6 ou 8h à Canton en Chine. Un vrai calvaire. Horrible ! Le seul point positif ? On s’est mangé un McDo à Canton avec quelques équipes… Un beau moment de partage.

Voilà ! Ce raid fut une vraie belle expérience, surtout vécu comme je l’ai vécu avec 2 nanas franchement géniales, de vraies belles personnes. J’ai adoré partager cela avec une mère et sa fille, c’est sain, et c’est beau, touchant ! Merci à elles de m’avoir permis de réaliser cet exploit collectif. Je pensais être une individuelle dans l’âme (j’aime ne dépendre que de moi) mais j’ai compris, grâce à ce raid, que rien ne remplace les émotions que l’on partage avec ses amies!

Alors, merci pour tout, en 2014 j’ai eu 30 ans et j’ai rencontré 2 personnes qui comptent désormais beaucoup pour moi, une 2ème maman et 2ème sœur en fait !

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