Raid la Saharienne – Equateur 2016 – Part2

Un beau programme nous attendait ! Rajoutez à cela le dénivelé et l’altitude.

Nous prenons le départ de la première épreuve avec un peu de stress (celui qui te fait des petits guilis dans le ventre) mais surtout beaucoup de détermination. Laura et moi sommes des « coureu

ses » donc s’il faut s’amuser et envoyer c’est aujourd’hui.  Dès le début ça grimpe, tranquille

mais on est à un peu plus de 2000m d’altitude… Je souffle comme un bœufdirect ! Je ne suis pas une grimpeuse, je n’aime pas ça et je ne suis pas douée, mais heureusement j’ai un cabri nommé Laura, plus légère et bien meilleure en montée que moi, du coup elle m’aide, se cale à mon allure et m’encourage.

Hélas, j’ai vraiment de mauvaises sensations, une envie de vomir et très mal à l’estomac, ça ne passe pas, mais évidemment je m’accroche. Nous sommes dans les 10 premières équipes, à la queuleuleu dans les petits singles boueux qui grimpent dans le Podocarpus National Park. C’est beau, très vert et accidenté. On reprend 4 équipes avant la fin de la montée…
Le parcours est un aller-retour, donc on se croise avec les premières ou celles derrière (selon le classement évidemment !) sur une longue partie assez technique…
Au moment du demi-tour, étant donné qu’on se croise, je sais qu’on est 6ème et que seulement les 2 premières équipes ne seront pas accessibles… Maintenant c’est quasiment que de la descente, ma partie préférée…
Laura aime moins les descentes donc c’est à mon tour de prendre le relai et de l’encourager. Je me mets devant et lui indique tout ce que je peux (trous, branches, « ça gliiiiiiissssse »….). On croise les copines qui sont vraiment pas loin derrière, on se motive énormément et ça rebooste.

Mes sensations ne sont toujours pas au top, mais le pilote automatique est enclenché et on déroule comme des dingues, on dépasse rapidement une équipe.
Les 3 derniers kms sont en faux plats descendants sur un chemin large, avec des petites relances, qui me cassent les pattes. Faut courir, vite accessoirement, et je galère ! Laura voit une équipe devant et commence à m’imposer un rythme pour aller les chercher. J’ai beau râler dans ces moment-là, c’est exactement pour ça que j’aime les raids en équipe, cet instant où ta coéquipière prend le dessus sur ton mental qui flanche et que tu te pousses pour elle (parce que si tu avais été seule, tu te serai mis moins de pression). On les dépasse à moins d’1km de l’arrivée.

On termine donc 4ème cette première épreuve de 14km – 400m de D+ (moyenne à 2400m d’altitude) en 1h39.
Contentes et on se dit que la 3ème place n’est pas loin. Sur les prochaines épreuves va falloir envoyer du pâté parce qu’il y a un gros niveau sur ce raid !

 

On passera l’après-midi avec des enfants à dessiner, cuisiner, planter un « arbre »… Un beau moment, loin de la « compétition », qui fait du bien et remplit mon estomac mit à mal puisque je ne mange pas à ma faim lors des repas ! ☹

 

Le lendemain est une épreuve à la fois redoutée de toutes mais qui permet de s’éclater : le Bike&Run !

Le principe : 1 vélo, 1 casque (oui normalement chacune son casque mais l’organisation n’avait pas reçu les containers avec leur matériel… donc 1 casque pour 2 !) et 2 personnes pour une course de folie ! Ce parcours de 20km promet des paysages à couper le souffle… dans tous les sens du terme… Puisque le directeur de course nous annonce une petite montée au 13ème km d’environ 200m de D+ en 2kms environ…

J’adore cette épreuve, le Bike&Run c’est hyper tactique, il faut vraiment être à l’écoute de l’autre, élaborer une stratégie qui te permettra de ne pas t’épuiser et d’avancer au plus vite. L’importance de très bien se connaître avec ta partenaire prend alors tout son sens.
Laura et moi, on n’est pas du genre à parler pendant 3h pour définir la stratégie à adopter, on est beaucoup dans le ressenti et on connaît très bien nos forces et nos faiblesses, qui sont, différentes, donc c’est une grande force…
Je grimpe beaucoup mieux à vélo qu’en course à pied, tandis que Laura n’est pas à l’aise à vélo, elle s’épuise trop vite. Elle est très rapide en course à pied, moi un peu moins. Je dévale en descente en trail, elle préfère prendre son temps en vélo… Bref, c’est l’entente idéale !

Le départ est donné, moi sur le vélo à tempérer Laura pour ne pas qu’elle parte comme une balle atomique !
On ne savait pas trop quand est-ce qu’on allait changer donc Laura a couru les 3 premiers kms qui étaient en faux plat descendant afin de gagner du temps. Puis, tout s’est enchaîné, hyper naturellement. Quand celle qui courait sentait qu’elle fatiguait, elle levait la main, celle en vélo allait déposer le vélo et le casque 100m devant et partait en courant.

Petit aparté – je sais que les règles du « vrai » Bike&Run n’autorise pas à poser le vélo devant, mais là c’était autorisé, notamment parce qu’on avait qu’un casque pour 2 !

On remonte énormément d’équipes, puisque le départ a été donné à l’inverse du classement. A chaque fois qu’on dépasse les copines, elles nous boostent à fond, surtout Coco (la mère de Laura, avec qui nous avions fait le Raid Amazones au Cambodge).

La fameuse côte arrive, je pensais la monter un maximum en vélo, finalement ce fut peine perdue, trop raide, trop chaud… On pousse donc le vélo chacune notre tour, puis ensemble ! On a vraiment chaud, ça commence à être difficile mais on sait aussi que la descente arrive…
La délivrance, je peux dérouler comme je veux car il n’y a personne et Laura en VTT derrière assure comme une chef car c’est quand même assez technique ! Les 3 / 4 derniers kms sur la route se font à fond les ballons, on donne vraiment tout, et le passage de la ligne d’arrivée se fait en se tirant la bourre avec des copines, Delphine et Marjo ! De quoi nous motiver !

C’était vraiment, de loin, l’épreuve que j’ai préféré ! Tant par les paysages et le type de parcours que par l’esprit d’équipe nécessaire pour avancer. C’est vraiment hyper grisant et motivant. Encore une fois en passant cette ligne d’arrivée je me suis dit que j’avais une coéquipière au top !

En plus, on apprend le soir au briefing qu’on fait 3ème de l’épreuve en 1h47 pour 20km et 355m de D+. On est regonflées à bloc.

La 3ème journée est dédiée au « repos »  car à part la descente en rappel nous n’avons pas d’épreuve physique. Mais la descente en rappel fut très physique pour moi puisque j’ai le vertige…

L’idée était de découvrir la ville à travers des questions – réponses, des reproductions d’emblèmes et autre petites choses intellectuelles. Pour toutes, l’objectif était de ne pas perdre de temps au classement, sans trop en faire. On a donc tout fait à 8 ou 10, histoire de partager les galères avec les cops ! Quelques empanadas plus tard, nous voilà de retour au camp militaire pour tenter d’avoir un peu de connexion internet …

Il n’y avait pas de connexion internet à proprement parlé, mais un des partenaires du Raid, mettait à dispo du réseau sur certains créneaux de la journée. Evidemment on ne captait rien puisque tout le monde se connectait en même temps ! Mais ce n’était pas très important, car lorsqu’on est dans sa compétition, finalement être coupée du monde fait partie du jeu. Néanmoins, je dois avouer qu’avec les réseaux sociaux et cette volonté d’actualiser et donner des news, il est difficile de couper pour de vrai ! Et puis moi j’appelais le coach aussi souvent que possible pour débriefer et prendre les derniers précieux conseils !

La 4ème journée fut trèèèès longue et a laissé des traces sur nos corps déjà un peu fatigués. La dernière partie du Raid est à retrouver demain !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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