Raid la Saharienne – Equateur 2016 – Suite et fin

La 4ème journée était sur le papier la plus difficile. Tout d’abord parce qu’on nous faisait enchaîner course à pied puis canoë, mais pas du canoë sur la Seine… On nous explique que cela se fera en « eaux vives », comprenez par là qu’il y a des rapides (plus ou moins importants), des passages techniques et autres surprises ! Mais aussi parce qu’on devait recourir le soir sur un trail de 17km, de nuit !

Pour ma part, j’attendais cette journée avec impatience car je commence à me sentir bien physiquement plus tard que tout le monde, donc au 4ème jour mes jambes étaient contentes d’aller gambader ! Puis faire du canoë dans ces conditions m’intriguait, j’avais hâte de monter dedans et de m’essayer à un parcours moins monotone.
Car soyons sincère, le canoë sur un lac ou même en mer (avec ou sans vagues) c’est chiant comme la mort ! Je ne trouve aucun plaisir particulier à me taper 2h de canoë ! Et Laura non plus, donc comme ça, c’est réglé, nous on n’aime pas le canoë… Enfin surtout nos bras en mousse (Laura n’est pas capable de faire une pompe et moi je gère mal la douleur à cet endroit du corps… me demandez pas pourquoi… !)

Bref ! C’était sans compter une organisation franchement pas top sur cette journée. Hormis les 2h de bus pour y aller (ça, c’est le jeu ma pauvre lucette), on nous a parquées dans une sorte d’aqualand des années 50, avec 4 toilettes en état de fonctionnement pour 100, 6 chaises et une piscine. Des conditions idéales d’attente entre la fin de la 1ère épreuve et le trail nocture …
Les départs pour l’épreuve 1 (course + canoë) se sont fait en différé. Un 1er groupe de 25 équipes prend le départ, une fois qu’elles ont toutes terminé, le second groupe peut partir ! C’est donc dans la seconde vague à 11H30 passé qu’on prend le départ pour 3,5km de trail.
Ca part méga vite (ce sont les 25 premières équipes au classement) sauf que ça grimpe bien tout de suite, pour moi c’est l’asphyxie direct… Peu de km, faut courir vite pour arriver dans les premières au canoë et ne pas être gênées par les autres… des passages dans l’eau avec corde, bref, je me vautre lamentablement dans l’eau avec la précipitation, j’essaye de tout donner mais décidément la vitesse et moi…

On sauve les meubles en arrivant je crois dans les 4 premières équipes au canoë. On enfile les gilets de sauvetage, les casques (qui nous auront valu quelques crises de rire en regardant les photos… puisqu’ils étaient trop grands !) et on doit aussi récupérer des chasubles avec notre numéro d’équipe à enfiler par-dessus tout ça (un vrai casse-tête !). Mais je ne vois pas notre numéro, je commence à m’énerver et là j’entends Laura qui huuuurle après une autre équipe « Vous avez nos numéros !!!!!! », bon les filles en face n’étaient pas des plus aimables, j’ai bien cru devoir me servir de ma pagaie pour en assommer une qui a eu un mouvement quelque peu agressif envers Laura…
Je vous rassure, pas de bagarre, mais Laura et moi, on est pareil et sans même se parler on savait qu’on allait prendre une petite revanche dans peu de temps… Parce qu’avec cette affaire, 2 ou 3 équipes nous sont passé devant et le départ en canoë est périlleux.

Mais j’ai tout de suite dis à Laura qu’on devait se calmer et être lucides pour ne pas tomber. Son rôle était beaucoup plus compliqué que ce qu’elle avait pu « apprendre » lors de nos séances de canoë sur la Seine, mais on en avait parlé avant et elle a géré comme une pro.
Moi, qui suis devant, je devais pagayer tout le temps, sans m’arrêter, aller vite dans les rapides et ne pas trop bouger pour ne pas nous déstabiliser… Mais j’avais tendance à me dire que pour Laura c’était beaucoup plus difficile, diriger, négocier les virages, anticiper les rapides… Franchement, elle m’a épaté !
Du coup, on file plutôt bien. On en profite pour dépasser nos copines pas gentilles, tout en les faisant dévier « sans faire exprès »… 😉
Une chute au compteur tout de même, un vrai rapide un peu haut qu’on n’a pas vu venir, entouré de rochers… Bon, on s’est retournées mais on est aussi très vite remontées, sans perdre de pagaies (oui parce que quelques équipes les ont lâchées lors des chutes et les ont donc perdu!).
On passera la ligne en 3ème position, vraiment pas mécontentes, surtout pour des pros du canoë comme nous !

Le déjeuner et le moment de pause se déroulent tranquilou, sans confort évidemment, mais bon, on est habituées. Nous sommes encore obligées de quémander pour obtenir un « goûter » puisqu’on court accessoirement à 18h30… Me sentir obligée de toujours demander à manger presque en me justifiant, ça m’a fatigué et énervé (l’excuse : j’ai payé 3000 balles ne vaut pas peut-être ???).

Passons sur ces détails.
Nous partons pour le trail de nuit annoncé à 17km… Je me dis que ça va être sacrément long et qu’il va falloir gérer. Mais j’aime bien courir de nuit ! Laura s’en fou, elle espère juste que ce ne sera pas trop technique…

Les 3 premiers kms montent tranquillement sur un grand chemin. On est dans le quatuor de tête un peu comme d’habitude et avec les mêmes équipes. Les 2 premières nous lâchent rapidement et nous restons avec l’équipe de l’agence Bernascom. On les double, elles nous doublent.
Lorsque nous arrivons dans le parc il fait déjà nuit noire et on passe par des petits ruisseaux, des grosses marches, ça monte pas mal, puis on descend vers une cascade que ‘organisation avait éclairé, c’était splendide ! Mais pas vraiment le temps de s’émerveiller on se tire toujours la bourre avec l’autre équipe.
Ca commence à descendre, c’est assez technique, un peu mouillé, des feuilles, beaucoup de racines, de tout petits singles, moi j’adore et je voudrais envoyer mais je sens que Laura n’est pas à l’aise, notamment parce que sa frontale n’éclaire rien. Je reste donc bien devant elle, prenant soin de tout lui indiquer. Puis on entend un cri (j’ai vraiment cru que quelqu’un se faisait attaquer), finalement c’est l’équipe Bernascom qui était juste devant nous, Magali s’est tourné la cheville. Bon bah, on avance toujours mais d’un côté on est embêtées pour elle et puis on a plus de target, on sait qu’on a creusé l’écart avec celles derrière, mais on se dit qu’il faut tout de même grappiller des minutes… Alors on déroule.
Mais j’ai toujours en tête qu’on doit faire 17km, je suis surprise lorsqu’on repasse aux mêmes endroits qu’à l’allée et surtout lorsqu’on sort du parc et qu’on nous dit « Arrivée dans 3kms » ! What ???????????????? Mais on va faire 10km ???
J’étais fâchée ! Bon ok, tu es toujours contente d’arriver plus tôt, mais moi j’en gardais sous le pied…

On termine 3ème en 1h10 et 260m de D+.
Ce fut vraiment un très beau trail (même si on ne voyait pas tout !), l’environnement dans lequel nous étions était incroyable. Une sorte de jungle tropicale. Parfois il n’y avait pas un bruit puis parfois des bruits bizarres de bêbêtes mystérieuses !
Les 2h en bus pour rentrer m’ont tuées… car je ne dors pas en bus, encore plus quand le chauffeur se croit dans Fast and Furious…

Le lendemain c’était une journée multisports… Parcours du combattant, parcours de VTT et course d’orientation. Je spoil direct la fin, mais en gros, c’est cette journée qui nous fait perdre le podium final. Journée de merde donc, et pas « que » parce qu’on n’a pas assuré…
Le parcours du combattant, je prends sur moi, je n’avais pas de forces, pas de jus, j’ai été nulle à chier, on a donc perdues de précieuses minutes/ secondes (je ne me souviens plus du système de comptage). Je m’en suis beaucoup voulu, en me disant que c’était à cause de moi qu’on avait rétrogradé.
Le VTT, bon on n’a pas fait d’étincelles, mais on a sauvé les meubles.
Le pompon c’est la course d’orientation, un truc mal géré à mon sens… Personne n’avait compris les mêmes règles (d’ailleurs personne n’a rien compris encore aujourd’hui). Nous partons avec nos copines le « Gang des Lyonnaises » qui jouent la 1ère place du Raid. Stratégique oui, mais l’idée était d’être rapides et à 4 on voit mieux les balises, à plus c’est le bordel.
Ca a complètement foiré, qu’on se le dise ! La faute à je ne sais pas quoi d’ailleurs, je n’arrive toujours pas à expliquer pourquoi un des mecs de l’orga nous a dit de descendre à un endroit alors qu’il ne fallait pas… je ne comprends pas pourquoi on avait pas d’échelle pour la carte car on aurait pu anticiper les distances et aller chercher plus de balises… je ne comprends pas comment des équipes à qui on met quasiment 20min sur un 10km ont pu prendre 3 / 4 balises de plus que nous tout en mettant quasiment 8min de moins… Bref ! Je suis certainement mauvaise perdante ! Toujours est-il que nous avons été porter réclamation car nos copines les Lyonnaises n’avaient pas le même résultat que nous… Alors qu’on avait tout fait ensemble ! Cela a été heureusement pris en compte, mais ça nous a fait passer en 4ème position au classement général, avec pas mal de retard sur les 3èmes !

C’est donc dans l’amertume et le soulage le plus total qu’on prend le départ de l’ultime épreuve ! Qui s’avèrera être la plus difficile. Certainement aussi parce que psychologiquement on était déçues d’avance. Pareil pour les Lyonnaises, qui louperont la 1ère marche du podium sur cette épreuve…

Ce dernier jour, le directeur de course nous a gâtées ! Départ en Bike&Run, que de la côte, pendant 8km et environ 650m de dénivelé… J’ai été beaucoup plus sur le vélo que Laura, et avec le recul on n’aurait même pas dû changer parce qu’elle n’arrivait pas vraiment à récupérer sur le vélo et moi la course me tuait les jambes !
On pose le vélo après une côte d’enculéééééé et c’est parti pour une ascension de la mort sur 3km et 450 de D+ dans la caillasse au début puis dans une boue qui t’arrive aux mollets et t’aspirent les pieds ! Un calvaire ! On n’arrive pas à avancer, moi je suis clairement au bout du rouleau, Laura me pousse dans la montée. On remonte des équipes, toujours, mais c’est difficile (on est parti dans le sens inverse du classement). Le terrain n’aide pas, puis on est à plus de 3000m d’altitude !

Comme d’hab, le parcours est un A/R, à la fois c’est franchement pas top parce que le terrain n’est pas propice au croisement mais voir les copines qui t’encouragent ça fait du bien !
On donne tout ce qu’on peut, à tel point qu’on lâche les Lyonnaises, qui sont clairement beaucoup plus fortes que nous en trail mais qui n’étaient pas dans un bon jour. Puis c’est la descente, je sais que je vais reprendre mon souffle et remplacer Laura dans le rôle de « motivation de l’équipe ». Mais c’est hyper glissant et technique… Laura se prend un mur de terre parce qu’elle n’arrive pas à prendre un virage… lol ! J’essaye de lui dire quoi et comment faire, mais je sais qu’elle est dans le mal.
Puis la ligne d’arrivée, on a jamais autant chialé de notre vie je pense ! De rage parce qu’on savait qu’on ne serait pas sur le podium malgré notre 3ème place – de nouveau – lors cette épreuve, de fatigue, de colère, de trop plein d’émotions…

La pilule passe mal, on est franchement déçues, mais c’est la loi du sport ! Puis ce sont des copines qui prennent la 3ème place, même si clairement j’aurai préféré y être et pouvoir ramener 1000€ à notre association (les 3 premières équipes ont gagné 1000€ pour les associations qu’elles défendaient), j’étais contente pour elles.

Ce dernier jour c’est aussi la soirée et la « nuit » à l’hôtel ! Evidemment, ça ne pouvait pas bien se passer, nous avons attendu 2h les bus pour aller à l’hôtel, nous qui voulions faire une sieste pour être en forme le soir, ce fut raté !

La dernière soirée, nous avons eu le droit à un vrai dîner à volonté ! J’ai donc enfin pu manger à ma faim, même si je n’ai pas eu de dessert parce que je suis allée trop tard au buffet et qu’apparemment je n’étais pas la seule à avoir crever la dalle pendant 1 semaine !
Toutes les équipes sont récompensées et on le droit à la petite photo en mode « je suis habillée comme une fille » ! Puis c’est le dance floor, mais personnellement, j’étais épuisée et nous devions nous lever à 3h30 du mat je crois pour prendre notre avion ! Alors à 00h30, au lit pour un micro dodo !

Pour conclure, ce raid m’a permis d’aller en Equateur, pays qui me faisait rêver depuis longtemps et de découvrir des paysages incroyables. Il m’a surtout apporté de très belles amitiés avec ma bande de raideuses, qui pour la majorité, sont devenues bien plus que des copines de Raid. Nous avons beaucoup ri ensemble, râler (mon surnom aura d’ailleurs été « Ronchon » !), pronostiquer, fumer quelques clopes (et oui à l’époque je fumais encore !), bu quelques punchs… Bref, de beaux moments de partage et d’émotions. C’est vrai que les conditions un peu difficiles nous ont finalement beaucoup rapproché et nous ont permis de nous créer de superbes souvenirs.
Mais, il y a eu beaucoup trop de couacs et de problèmes d’orga, qui m’ont déçu. Disons que je m’attendais à mieux sur certains points et que j’estime normal d’exiger de l’hygiène sans qu’on me traite de princesse.

Cette année, la Saharienne se déroule en Sardaigne, je pense qu’ils vont mettre le paquet pour pallier aux problèmes survenus l’année passée en Equateur. Les épreuves proposées en tout cas ont l’air top et je pense que ça va envoyer !
J’ai de nouveau la chance d’y participer mais en « remplaçante » de dernière minute ce coup-ci. Je n’ai donc pas payé ma participation puisque je remplace une personne et que l’équipe avait déjà financé son projet. Mon regard sera évidemment moins critique car je pars du principe que lorsqu’on est invitée, c’est une chance, les raisons de critiquer sont donc moindres. Néanmoins, mon sens critique faisant partie de moi, je ne pourrais m’empêcher de tout vous raconter… 😉

J’espère que malgré les « couacs » cela ne vous aura donner envie de tenter l’aventure, que ce soit sur celui-là ou d’autres. Maintenant nous sommes servies en matière de Raid Féminin ! Je vais d’ailleurs vous faire un petit recensement dans un prochain article, ce qui vous permettra d’y voir plus clair.

 

 

 

 

 

 

 

 

1 Comment

  • Mathilde October 14, 2017 at 07:31

    Merci pour ces 3 articles ! On s’y croyait presque. Je comprends La frustration liée à l’orga surtout au vu du prix de ces raids…

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