Raid La Saharienne – Sardaigne 2017

Bon si on fait un raid c’est pour le sport, alors parlons-en ! (Ok c’est long… mais une semaine de raid à raconter…)

Cette année, ça a donné quoi en Sardaigne ?
Et bien, sans aucun doute, tout le monde en a eu pour son compte. Évidement pour les sportives aguerries cela reste moins exigeant que pour des filles qui débutent dans ce type d’épreuve, cependant la variété des disciplines et des parcours était telle qu’il fallait être hyper polyvalent pour ne pas en chier au moins une fois !
Moi, par exemple, dans l’eau, je ne suis pas super à l’aise (voir pas du tout disons les choses clairement), les épreuves de « triathlon » et de « swimrun » ont donc été un peu plus laborieuses.

JOUR 1
Trail de 12km. Je connais ce parcours car je suis déjà venue dans la région d’Olbia… Et j’avais eu l’occasion d’avoir un petit training maison dans la côte de 350m D+ et 4km… Ça ne m’a pas empêché d’en chier, d’autant que je n’avais pas couru depuis presque 3 semaines suite à une côte fêlée… Et moi, si je ne cours pas pendant 3 semaines, mon cardio en prend un gros coup.
Bref ! L’avantage, est que cette année je fais équipe avec Delphine, qui court moins vite que moi. Alors j’ai pu gérer ma course et l’encourager au maximum à se dépasser.


On se fait doubler dans la côte par 3 équipes, sachant que 2 autres étaient devant dès le départ, je me dis que 6ème ce n’est pas si mal mais je l’ai un peu mauvaise parce que le trail c’est mon truc (plus que le reste en tout cas), je pousse Delphine comme je peux, dans tous les sens du terme… Je la pousse dans les côtes, je n’arrête pas de l’encourager, je me dis même que je dois être relou pour elle…
Bon on en a parlé après, finalement ça l’encourageait bien!
Un trail super beau en tout cas, pas trop technique mais avec un petit dénivelé sympa, une descente géniale, des relances et une vue sur la mer… Que demander de plus ?
On finira bien 6ème, pas loin derrière les autres équipes donc rien n’est joué. Et puis si c’était facile pour moi aujourd’hui, je sais que demain ce ne sera pas le cas… Ça va être au tour de Delphine de me trainer !

JOUR2
VTT – 16km et un dénivelé sympathique de 695m très exactement…
Bon en gros on a roulé grosso modo sur 3 bornes à bloc puis on est remontées sur le vélo pour les 7 derniers kms….
De grosses grosses montées, techniques… Personne n’est resté dessus, impossible, les vélos étant lourds et sans cales (pas de chaussures de vélo quoi) ce n’était pas envisageable. Donc on a poussé, poussé et poussé puis re poussé ! Ça ne s’arrêtait pas ! J’ai commencé à avoir mal au niveau des côtes. Bref, j’ai commencé à râler, à pester, Delphine aussi souffrait mais elle… elle intériorise !


Une fois qu’on a pu remonter sur le vélo, là j’ai pris cher ! Genre « Ah ouai hier tu m’as pas laissé souffler, tu vas voir ma ptite cocotte ! »
Delphine est à l’aise en VTT, maîtrise bien les parties techniques et à assez confiance pour descendre vite. Moi, j’ai pris une buche 3 semaines avant qui m’a valu des côtes fêlées, alors déjà que j’étais pas hyper confort sur un VTT, je vous laisse imaginer mon appréhension. Je me suis fait violence pour Delphine, parce qu’on a roulé quand même, pas aussi vite que Delphine, seule, aurait pu, mais c’est le jeu des raids… Faut gérer en équipe !
Et on a plutôt pas mal pédalé finalement parce qu’on termine 3ème ! Je n’aurai pas parié du tout sur un tel résultat mais je suis super contente !

Nous avons déjeuné sur le lieu d’arrivée, au milieu de nulle part ! Une petite cabane en pierre où les sardes nous ont cuisinés du Sanglier revenu aux herbes, tout ceci au barbecue ! Une tuerie ! On avait l’impression d’être au banquet d’Astérix et Obélix !

JOUR3
Canoë – 17km… L’épreuve que j’appréhendais presque autant que le VTT, si ce n’est plus… 17 bornes en canoë en pleine mer… C’est terrible. Je savais qu’on partait pour plus de 2h30, et sincèrement ça m’a fatigué d’avance.
Évidement, on a eu un départ tout comme je déteste… Tu cours 200m à fond dans le sable et avec ta pagaie pour aller rejoindre ta copine qui t’attends avec le canoë !
Bon, mon second nom n’est pas Bolt, donc en gros j’ai servi à rien, je suis arrivé au bout de ma vie.
Delphine à la barre, moi en mode sans cerveau à ramer devant… Normalement devant c’est la place de celle qui a des bras… MDR ! Moi j’ai pas de bras et pas de cerveau non plus… !
On s’est très vite bien placées, Delphine a eu une bonne lecture du courant et de la course au sens global, chose dont j’aurai été incapable ! Moi je montais en pression ! Ras le cul de ramer, j’avais mal partout !

Après 8km, nous devions descendre du canoë pour aller pointer en haut d’un rocher… J’y vais… je saute en pensant que j’ai pied… je n’ai pas pied ! Je bois la tasse, je trempe mon sac et donc ma bouffe, je tombe nez à nez avec une méduse… Bref, moi dans l’eau c’est pire que Martine à la mer… !

En repartant, je vois les Martiniquaises (équipe avec qui on se tirera la bourre jusqu’au bout du raid) qui sont vraiment juste derrière. Ça met une bonne petite pression, tout ce qui faut pour rester à bloc tout le retour… Interminable disons-le… On n’en voyait pas le bout, quand tu te dis « faut rejoindre la plage » mais que tu la vois même pas, sincèrement c’est la déprime. Donc là, nous faisons face à longue traversée du désert. Je me bats avec moi-même pour ne jeter la pagaie, je nous encourage, nous donne des instructions, juste pour dire quelque chose et me donner de l’énergie. Si c’est difficile pour moi je vous laisse imaginer le calvaire que vit Delphine qui doit diriger le canoë alors qu’il y a de plus en plus de vent, de vagues… Mais on s’est accrochées…

On passe l’arche en 3ème position encore ! Je suis super fière et tellement contente d’avoir terminé cette épreuve HORRIBLE !
J’ai les mains dans un état pitoyable, des ampoules aux doigts… Bref ! J’aime pas le canoë !

Petite après-midi relax au bord de la piscine au camping. Le soir venu, lors du briefing, on nous annonce que le lendemain on décolle à 8h et qu’il faut prévoir 1 premier sac pour le trail de nuit puis un autre parce qu’on dormira dans la montagne (enfin on a dormi dans un village à 700m d’altitude) et que le surlendemain on enchaîne avec le « triathlon » dont la nage se déroulera dans un lac… (on nous parle de 20 degré à ce moment-là…). Bref, c’est la panique totale chez les filles ! Il est 20h30, il fait nuit et faut préparer tout ça !!!! En effet, il aurait été juste plus pédagogique de prévenir en amont afin qu’on utilise l’après-midi pour nous organiser plutôt qu’à glander à la pistoche !
Je vous rassure tout le monde s’en ai tiré !

JOUR4
Journée multiactivités !
On commence direct avec les hostilités : descente en rappel et tyrolienne… Après avoir patienté pendant 2h… Ce qui aura permis aux alcooliques de la bande de récupérer quelques heures de sommeil !
Bon rien à dire, je suis descendu parce que je le devais, je n’aime pas ça, j’ai le vertige, je ne prends pas de plaisir particulier à me jeter dans le vide donc bon…

 

 

Nous avons ensuite tiré quelques flèches en tir à l’arc, où nous avons sauvé les meubles avec Delphine. Puis j’ai pu démontrer mes talents de tireuses lors du biathlon, tellement que j’ai eu 4 tours de pénalité sur 5… Quelle nulle ! Heureusement Delphine a fait ça toute sa vie et elle nous a permis de faire le 4ème meilleur temps !

 

 

C’est la nuit tombant que nous rejoignons le lieu de départ pour le trail de nuit. Après quelques galères sur la route grâce à nos chauffeurs les « supers connards » ! On démarre donc quasiment avec 1h de retard et il fait un froid de gueux ! On nous annonce un parcours assez technique sur quelques parties en descente, sinon c’est roulant !
On part à bloc, je sens que Delphine va en chier ! Vengeance ! LOL
Moi, je m’éclate, j’adore courir de nuit, le terrain est top, j’adore les descentes un peu technique, y’a des singles, des petites côtes cassantes puis des plats pour envoyer ! Bref, j’ai pas lâché Delphine, maintenant qu’on est 3ème au classement général, il est hors de question de redescendre ! Je la pousse, la tire, l’encourage ! Et on termine 4ème ! Je suis super fière d’elle parce que je ne l’ai pas ménagé mais elle a rien lâché et s’est vraiment fait violence. (je sais à ce moment-là que le lendemain sur la partie VTT je vais prendre très cher !)

Nous passons la nuit à Budduso, petit village où nous avons été super bien accueillies… danse, buffet, douches chaudes… Bref, au top ! Cela ne nous aura pas empêché de se cailler les miches et de dormir sous la tente à 4 (ça, pour le coup, c’était cool, nous on s’est bien marrées) mais avec seulement un tapis de sol… plus compliqué. Mais on fait un raid alors ça fait partie du jeu ! Puis ça resserre les liens…

JOUR5
Triathlon revisité …2km de trail – 160m de natation – 800m de trail – 200m de natation – 3km de trail suivi de 15km de VTT

Après une nuit agitée, je me lève de mauvais poil, j’ai froid et l’idée d’aller me jeter dans un lac ne m’enchante pas dutout dutout… La question existentielle de cette matinée ? Combi ou pas combi ? Moi j’ai emprunté la combi de ma copine Marion, qui lui a servi à faire l’Otillo… J’ai un peu la pression avec ça moi !
Mais il y a peu de natation… alors courir avec ça puis enchainer avec du VTT… mais l’eau va être froide c’est certain… De 20degré, on est passé à 18… Ca m’angoisse vraiment, parce que je suis une vraie chochotte et je déteste l’eau froide. Moi je ne me baigne qu’en Corse au mois d’Août, et encore, je mets du temps à rentrer… C’est pour dire !
Bref, après discussion avec mon girlsquad resté à Paris (merci whatsapp!), je décide de mettre ma « trifonction » Compressport, qui à part me mouler les bourrelets ne sert pas à grand-chose, mais au moins je serai plus confort pour courir et pédaler !

On part dans le sens inverse du classement de la veille. Donc l’idée est qu’on ne se fasse pas dépasser par les Martiniquaises qui ont fait 2ème au trail nocturne.
C’est parti, je sens que j’use et j’abuse du buffet… je me sens méga lourde, puis avec le bonnet de bain sur la tête, on ressemble à des suppos géants !
L’entrée dans l’eau fut fatale, mon souffle s’est coupé direct parce que l’eau n’était pas à 18 mais à 17 voire 16…. Je fais donc tout en brasse en tentant de gérer mon arrêt cardiaque… A ce moment-là, la seule vision que j’ai équivaut à la fin de Titanic, plein de têtes partout, de la panique totale, des cris, avec le recul j’en ris mais franchement sur le coup j’ai cru que j’allais y rester dans ce lac….
On enchaîne, course, re nage (toujours terrible hein), course puis vélo !

J’ai fait 15 bornes de VTT en apnée, autant sur le plat et en côte je suis bien, mais dès que c’est un peu plus technique et que ça descend… Delphine me met une petite misère ! Je m’accroche, c’est très difficile, d’autant que mon petit plateau ne passe plus… Je sens l’hypo pointer, bah oui, avec toutes ces conneries je n’ai pas mangé, ni bu ! Erreur de débutante clairement… Mais ça arrive ! J’ai tenu jusqu’au bout, mais mes jambes ont été à la limite de ne pas me porter quand j’ai posé le pied à terre à la 3ème place !!!!

Toujours vraiment contente, fière et très satisfaite de mon binôme avec Delphine. On se complète super bien. C’est très agréable de se mettre dans le rouge aussi pour suivre l’autre.
Avant la dernière journée, on check notre classement et surtout combien de minutes nous sépare des 4èmes… 8 minutes.
Pour ma part, je me dis qu’il n’est juste pas possible que les filles nous mettent 8minutes le lendemain, sachant qu’il y a pas mal de course, du canoë… Il y a juste l’inconnue : natation en mer… mais je n’envisage pas de laisser s’échapper le podium encore une fois ! (référence à l’année dernière en Equateur !)

JOUR6
Dernier jour de compétition. C’est fou comme ça passe vite ! Et en même temps on a la sensation d’être parties depuis des semaines.
Nous prenons le départ sur la plage pour 4km de trail puis on enchaîne avec 4km de canoë et avec un swimrun : 1km de course, 250m de nat, 1km de course, 250m de nat, 1km de course, 250m de nat, 800m de course, 200m de nat et 1,2 de course.

Dès le départ, on joue des coudes avec les Martiniquaises (Team MadinForm Martinique) on arrive à être un chouilla devant parce que l’une d’entre elles s’est fait une cheville la veille.
En canoë, elles nous mettent la pression, mais on reste pour le moment devant.
J’adore, ça met du piment, ça motive !
On part pour le swimrun… Bon là, elles nous ont dépassées évidement, car avec mon niveau de nage équivalent à une enfant de 3 ans… j’ai tout fait … brasse, tentative infructueuse de crawl, de brasse coulée (mon cardio est à 200 je pense !), puis j’ai opté pour la nage indienne ! Voilà ! Je fais partie de ces filles qui font une compèt en nage indienne ! Mais elle était efficace je vous assure !
Bon parfois, je me suis accrochée à la ceinture de Delphine, mais ça ne m’aidait pas car je me prenais des coups de pompes ! Je pense que c’est vraiment ce qui m’a le plus gêné : nager avec mes pompes ! C’est lourd, puis je n’avais pas prévu le pullboy (j’en ai pas en fait !)… Alors déjà que je ne suis pas une sirène mais mettez moi la pression, l’essoufflement et des trails… c’est qui veut sauver Willie ?!
Mais bizarrement, j’ai pris beaucoup de plaisir, l’eau était bonne et les endroits où l’organisation nous a fait passer étaient somptueux ! Un enchaînement de criques. Alors même sans être Ariel, j’ai pris le temps d’apprécier.

On arrivera 4ème , avec 2minutes d’écart sur les 3èmes donc au général on gardera notre 3ème place !
J’étais contente et super fière ! Surtout de pouvoir « offrir » cela à Delphine, grâce à qui j’ai pu participer à ce raid. On a ainsi remporté 1000€ pour l’association qu’elle défend « Planet Aventure » qui organise des événements sportifs dans le but de sensibiliser sur la violence faite aux femmes.

 

S’en suivra une soirée de remise de récompense où on a plus que bien mangé … et bu… ! Je me suis laissée entraînée à boire de la grappa, ce qui a apparemment fait basculer ma soirée dans un flou artistique ! Juste un peu déçue car nous avons fait la soirée au camping où nous logions… dehors (il faisait un peu frais) et surtout sans DJ, donc l’aspect musical était clairement à revoir, moi qui aime danser et chanter.
Ce n’est pas bien grave, mais c’est dommage.

Pour conclure :

Les moins : quelques petits points logistique parfois pas bien géré, la dernière soirée et le bateau que nous avons pris de Rome jusqu’à Olbia qui était relativement inutile…

Les plus : le traiteur, les épreuves ont mis le raid à un niveau +++, l’ambiance entre les raideuses, la bonne entente avec l’organisation, les paysages, le fait que ce ne soit pas loin ce qui m’a évité de mettre 1 semaine à m’en remettre !

Clairement, moi qui avait été déçue après l’Equateur (pas du tout sur l’aspect sportif je tiens à le préciser – mais vous pouvez relire les articles consacrés au Raid 2016), je suis heureuse de dire que je suis réconciliée avec l’organisation de la Saharienne.
Je me suis éclatée, sportivement parlant j’ai vraiment eu la sensation de me dépasser, j’ai découvert des choses.
Le directeur sportif a été très bon : des parcours difficiles avec des panoramas de dingue, de nouvelles disciplines proposées, très bon encadrement.
Et puis les copines, j’aime les raids pour la partie sportive certes, mais en équipe… C’est génial. Et on y rencontre des personnes extras!

Moi si je pouvais passer ma vie à faire des raids…

Ça tombe bien, je repars en Janvier… En Laponie… Pour un nouveau Raid inédit, le premier raid féminin organisé dans le cercle polaire. Ça ne va pas être la même histoire !!!!

Toutes les photos ont été prises par l’équipe média du Raid LA SAHARIENNE – @pierre.Costabadie

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