TWO OCEAN ULTRA MARATHON – CAPE TOWN

Passant 6mois en Afrique du Sud, à Cape Town, je me devais de participer à un grand rassemblement running !
Lorsque j’ai envoyé une demande d’inscription tardive à l’organisation, je m’étais dit que je ferai l’half marathon car l’Ultra Two Ocean Marathon fait 56K… Un peu long…

Puis quand je me suis officiellement inscrite en janvier 2017, mon doigt a ripé (lol)… Et je me suis retrouvée sur l’ultra… Le RDV était pris pour le 14 avril 2017 à 6h30 !

Pas d’entrainement spécifique genre plan de prépa pour aller péter un temps. D’une, parce que j’ai enchaîné des courses relativement longues (90K dans le désert Tchadien en février et 44K de trail dans l’ADDO Elephant Reserve en Afrique du Sud en mars), ce n’était donc pas possible de bien préparer une course quand on en a plein de prévu en amont et que celles-ci sont des longues distances… Et de deux (et c’est bien le plus important) je n’avais pas envie ! Trop de contraintes, et pour 2017, j’avais dit pas de contraintes !

Bref… On s’éloigne du sujet…
J’arrive donc le matin du 14 avril, un peu flippée, car 4 jours avant j’ai appris qu’il y aurait 1700m de D+…. Oui, je suis un peu à l’arrache… Mais bon, quitte à faire 56Km sur route autant que ça monte un peu !
Pas assez entrainée, c’est une évidence, je sais d’avance que les 14 derniers seront difficiles d’autant que sur ces 14 derniers y’en a 7 qui montent… !!
Mais dans ma petite tête je me dis que j’aimerai bien passer le marathon (le vrai hein! Celui de 42,2km) en 4h10 max sachant qu’il y a 900m de D+, c’est un peu ambitieux mais jouable parce que je suis plus rapide et expérimentée qu’il y a quelques années ! (tout le monde suit ma logique ???)

Le départ ! J’arrive à 6h avec Vincent qui m’accompagnera sur les 14 derniers kms. L’ambiance monte doucement, c’est très calme par rapport à ce que je connais de nos grosses courses françaises ! Je crois que nous sommes environ 15000 à prendre le départ et franchement on ne ressent pas le nombre de personnes, tout est fluide ! Et tenez-vous bien, plus de 48% de femmes ! Et ouai, en Afrique du Sud, ça coure !!!
A quelques minutes du départ officiel (qui est à 6h30), j’entends l’hymne nationale retentir et des voix s’élèvent autour de moi, c’est hypnotisant et très émouvant. Tout le monde chante. Puis, viens la chanson en hommage à Nelson Mandela, qui est en quelque sorte une seconde hymne nationale, là, je n’arrive même pas à retenir mes larmes, tellement on sent la fierté du peuple Sud Africain. Les blacks et les blancs ensemble, partageant ce type d’événement c’est beau quand on connait leur histoire.

Je démarre donc ma course en chialant !
Et quasiment tout derrière… Ça c’est chiant… Je ne fais donc que dépasser pendant 3km, gros slalom, à ce moment-là, je ressens les 15000 personnes. Du coup, j’ai un rythme bas avec quelques accélérations par ci par là… Mais au moins ça aura eu le mérite de me faire partir tranquille !

KM3 – KM10
Tout va bien, je déroule, je double, je croise des gens de mon club d’athlé avec qui je papote ! Jusque-là le parcours est relativement plat et sans intérêts.

KM10 – KM 15
Je vais un peu plus vite, d’ailleurs une nana du club me dit que je vais finir en moins de 5h15 à ce rythme et que je devrais ralentir si je ne veux pas trop me cramer !
Mais moi j’écoute JAMAIS les conseils pendant une course (lol) parce que mon cerveau switch et se met en mode « avances et quand tu pourras plus bah tu ralentiras »… Voilà ma stratégie de course en fait !
Au KM12, on prend un virage et le vent avec… Ahhhhh c’est vrai que Cape Town c’est venté !!! J’avais oublié ce détail dans ma projection de course. Bon bah il m’a rattrapé en plein vol et très rapidement, ça fait que 12 bornes qu’on est parti bordel, pas déjà !!!! Il nous fera face jusqu’au 16ème environ.

KM15 – KM21
Le vent m’a un peu entamée physiquement, mais j’ai toujours un bon rythme (en gros je tourne entre 5’10 et 5’20 au km). On arrive à Muizenberg, la mer, la foule en délire… Enfin le paysage devient plus distrayant. Moi, dans ma tête, il ne passe pas grand-chose encore, c’est calme. Je bois beaucoup, car il fait très chaud et le vent assèche. Mais je bois peut-être un peu trop… Je prends des bouchées de barre ou des petits bonbons GU que j’affectionne particulièrement, bref, je fais comme d’hab, je bouffe et je bois ! lol
Passage du semi en 1h51 environ, je crois… Je ne me souviens plus très bien… La première côte arrive !

KM21 – KM30
Elle est courte heureusement… Mais je suis allée trop vite car mon cardio s’emballe ! Et c’est ce moment que choisi un monsieur pour venir taper la discut, en english évidement… Je lui dis que je viens de France, toussatoussa, bref, je réponds, je suis polie mais je ne me perds pas non plus dans les détails… Ce qui lui fait me dire que les « Français ne sont pas souriants quand ils courent » !!! Mais quoi !!! Tu penses pas que je vais courir avec un smile collé pendant 56 bornes non plus !!! Oui je suis française et je râââââle !!!! (Évidement je n’ai pas dit ça, j’ai souri en disant « French are just more competitors than you… » Et j’ai accéléré !)

Avec tout ça on en oublierai presque que je viens de passer le 25ème km et que LA BIG côte de la mort qui tue arrive à grand pas ! La Chapman’s Peak Road !!! MAGNIFIQUE (heureusement d’ailleurs !), je la connait bien car je l’ai souvent prise en vélo et en voiture, me dire qu’elle est fermée juste pour nous, coureurs, me met en joie ! Oui oui, je suis en joie à l’idée de monter cette route car je sais que c’est un plaisir pour les yeux (moins pour les jambes et le cardio évidement mais tout le monde ne peut pas être content en même temps !).

KM30 – KM39
4km de montée environ et 500m de D+ ! Tout est dit !
Mais ça passe, je ne marche qu’à la fin car c’est trop pontu et je m’épuise inutilement ! Lorsqu’on bascule, moi qui était trop contente car je partais pour 4/5 kms de descente, je déchante direct, vent de FOUUUUUUU pleine face… Bon bah pour l’éclate en descente on repassera !
Puis mes douleurs, que je traîne depuis mon arrivée à Cape Town, se réveillent et ne me quitteront hélas plus… Mes tibias sont « on fire » et mes chevilles crient à l’aide ! Bref, ça commence à sentir le roussi ! Mais c’est de la descente alors j’essaye tout de même d’envoyer un peu… Mon esprit commence à fulminer et là, commence le parcours de combattant.

KM39 – KM43
Vincent m’attend sagement sur un rocher face à Hout Bay (superbe vue au passage). Je lui dis qu’en soit ça va mais que je souffre le martyre aux tibias et chevilles. Je fais mon 1er (et pas dernier) stop « massage », bon ça dure genre 40 secs, Vincent appuie un peu là où ça fait mal, essaye de détendre tout ça… Hélas ça ne servira pas à grand-chose, mais bon, faut repartir ! On croise le coach du Club qui me dit que je suis dans un bon « pace » et que je « look very well » ! Mouai… ça se voit qu’il n’est pas dans ma tête lui !

Je passe le marathon en 3h58 ! BOUMMMMMM !!! lol ! Je suis super contente et fière de moi… Mais peut-être que j’aurai du écouter mes copines du club qui m’avaient dit de ralentir un peu… Car oui, les 14 derniers ont été LE CALVAIRE de ma vie ! Et elles, bah elles me sont passé devant, easy, limite une petite tape sur le cul pour m’encourager !

KM43 – KM55
Je sais plus… Une côte énorme et interminable… Une chaleur de plomb, mais où est passé le vent bordel ???? Jamais là quand il faut celui-là !!!
Beaucoup beaucoup de monde, d’encouragements, c’est chouette, ça remotive. On passe devant le township d’Hout Bay qui avait pris feu en mars, il y a des gens partout, c’est hallucinant et ça m’émeut… Oui je suis très émotive, surtout quand je suis en souffrance psychologique et physique ! Car en plus d’avoir mal partout, je rentre dans un combat contre moi-même, celui que je commence à connaitre grâce à mes folles courses (CCC, TREG…) mais dans ces moments-là j’ai toujours peur que le petit diable l’emporte, celui qui dit « Mais ARREEEEEEEETES cette put… de course et vas bouffer un énorme burger ! ».
Évidement il a encore perdu !!!

Malgré les nombreuses fois où j’ai marché dans les côtes car je n’en pouvais plus, j’ai toujours réussi à relancer dans les descentes, mais j’avais tellement mal aux chevilles que je ne pouvais plus courir comme je le voulais !
On est du côté de Constantia, c’est tout vert, c’est beau, puis on passe devant les jardins de Kirstenbosch puis apparaît au loin Deavil’s Peak et je me dis que j’ai hâte de retourner dans les sentiers de Table Mountain (ouaiii je suis un peu bizarre… !).

Vincent est toujours là, il me parle, me conseille, mais je n’écoute pas, je n’entends pas en fait, je suis tellement concentrée qu’il ne se passe plus rien autour. Il faut juste que j’arrive à rester focus jusqu’au 55ème parce que sinon je m’arrête maintenant, je m’assois sur une pierre et je pleure !

KM55 – Plus qu’un KM, c’est l’effervescence autour de nous, beaucoup de monde ! Des amis espagnols sont là pour m’encourager, je suis méga contente d’entendre un « VENGAAAA ».

KM56 – Je tente d’accélérer mais c’est peine perdue ! L’arrivée se déroule dans l’université de Cape Town, c’est très beau, très vert, tout est en vieilles pierres et ils nous ont construit une arrivée digne des plus grands, avec gradins, tapis vert et tout le tintouin !
Je passe la ligne d’arrivée en 5h43 à mon montre (l’orga dit 5h47 mais les gars vous êtes au courant que je suis passée sous l’arche de départ 5min après le départ officiel ou pas ?), je pleure, encore !!!!

Je ne pensais pas vraiment pouvoir mettre moins de 6h, donc je suis méga contente, mais j’en ai vraiment chié à la fin ! J’ai payé ma non-préparation spécifique pour ce type de course ultra exigeante ! Si on avait pu arrêter la course au 42,2km ça m’aurait arrangé ! Je suis aussi comme toujours un peu frustrée car sans ces douleurs je pense que j’aurai pu mieux faire et me pousser encore plus… Car je n’ai pas eu de courbatures… RIEN, NADA, WALOU, NOTHING, QUEDAL !

Est-ce qu’on recommence l’année prochaine ? Hummm non, je ne pense pas, c’était un peu trop long pour de la route, je préfère garder les longues, très longues distances pour le trail… ! J
Mais je suis très heureuse d’avoir pu participer à cette course mythique à Cape Town, passer dans des endroits incroyablement beaux et me sentir presque sud-africaine pendant 5h43 !

Pour tout renseignement sur le Two Ocean Marathon : http://www.twooceansmarathon.org.za/

L’ouverture des inscriptions est le 1er Novembre… Attention, ça part aussi vite, voire plus, que nos grosses courses Françaises !
A vos claviers…

3 Comments

  • Mathilde October 14, 2017 at 07:14

    Je profite de mon voyage en Thalys pour rattraper mon retard dans la lecture de tes exploits sportifs. J’ai adoré ce récit qui donne envie de participer à cette course. Et Le « French are just more competitors than you… » m’a bien fait rire !!

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  • Audrey December 28, 2017 at 08:57

    Un régal que de te lire Beyoncé !!!!

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    • chavavite December 30, 2017 at 22:50

      Hey hey merci Audrey! 😉

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